
Alors que les températures dépassaient les 32°C dans les salles de classe de l’école Jules Ferry à Servian, la réponse de la mairie laisse perplexe. Dans le magazine municipal de juillet-août 2025, le maire affirme que « la dernière classe de Jules Ferry est climatisée »
et que « les autres sont équipées de ventilateurs ou de climatiseurs mobiles ». Une déclaration qui, bien que techniquement exacte, occulte une réalité bien plus préoccupante.
Une situation intenable dans les classes
Depuis fin juin, les témoignages de parents et d’enseignants se sont multipliés sur le groupe Facebook Servian Notre Village. Tous décrivaient des conditions de travail et d’apprentissage extrêmement difficiles. En voici quelques extraits parmi tant d’autres :
« 32 degrés dans les classes de primaire. Il serait peut- être temps que la mairie pense à climatiser les classes. Les enfants devraient être une priorité pour le village , certaines dépenses devraient être prioritaires. » — Parent d’élève
« Le ventilateur fait plus de bruit que de vent. Et le climatiseur mobile chauffe autant qu’il refroidit. » — Enseignante, école Jules Ferry
« Catastrophique pour les enfants et les professionnels. Il fait très chaud , c’est intenable, cela génère des maux de tête, ventre, etc chez beaucoup d’enfants. Les clims portatives et ventilateurs installés depuis peu ne sont pas adaptés à la taille des classes et au nombre d’élèves. En maternelle aussi il y a une classe qui a sa clim en panne et qui n’est pas réparée. » — Parent d’élève.

Ces témoignages ne sont pas des cas isolés. Ils traduisent une souffrance collective que les équipements actuels ne permettent pas de soulager.
Une réponse injuste à une élue de l’opposition
Dans le magazine municipal de juillet-août, le maire répond à Mme Lagriffoul, conseillère d’opposition, en affirmant qu’elle ferait un « sacré rétro pédalage » et en regrettant que « certains propos relayés par les réseaux sociaux soient inexacts ou détournés à des fins
politiciennes ».
Cette réponse est non seulement injuste, mais aussi infondée. Mme Lagriffoul ne fait que relayer les constats partagés par les familles et les enseignants. Le débat repose bel et bien sur des faits : des températures relevées, des équipements insuffisants, des enfants en souffrance. Affirmer à deux reprises que ces propos seraient « détournés à des fins politiciennes » revient à balayer d’un revers de main les préoccupations légitimes des citoyens.
Des solutions bricolées, loin des besoins réels
La mairie évoque des projets d’aménagements futurs, comme la pose de films athermiques ou l’ombrage des cours. Ces mesures sont bienvenues, mais elles ne répondent ni à l’urgence actuelle, ni à la nécessité d’un plan global de confort thermique dans les établissements scolaires.
Dans des communes voisines comme Béziers, Pézenas ou Agde, des plans de rénovation énergétique ont permis l’installation de climatiseurs fixes, silencieux et efficaces dans toutes les classes, avec des financements croisés entre la commune, le département et
l’État. Pourquoi Servian reste-t-elle à la traîne ?
Le droit à l’éducation passe aussi par le confort
Selon l’OMS et le ministère de l’Éducation nationale, des températures supérieures à
30°C dans une salle de classe altèrent la concentration, augmentent les risques de
malaise, et nuisent à l’apprentissage. Le confort thermique n’est pas un luxe : c’est une condition minimale pour garantir l’égalité des chances.
Ce que la population attend :
Il ne suffit pas d’énumérer votre action dans les autres établissements, il ne suffit pas de climatiser une seule classe pour prétendre avoir résolu le problème à l’école Jules Ferry.
Il ne suffit pas de distribuer des ventilateurs pour masquer l’inconfort. Et il ne suffit pas de publier des tribunes pour faire taire les inquiétudes.
Il est attendu :
- Un état des lieux transparent des équipements de chaque école.
- Un plan d’urgence pour équiper toutes les classes de systèmes adaptés.
- Une concertation réelle avec les parents d’élèves et les enseignants.
Nos enfants méritent mieux que des demi-mesures. L’école doit rester un lieu
d’apprentissage, pas d’épuisement.
Une vision pour Servian : transparence, écoute et
action
Ce que cette situation révèle, au-delà de la canicule, c’est un manque de considération pour les réalités du terrain. Les familles ne demandent pas des miracles, mais des réponses concrètes. Les enseignants ne réclament pas des privilèges, mais des conditions dignes pour exercer leur mission. Et les élus d’opposition ne cherchent pas à
polémiquer, mais à porter la voix de ceux qui n’en ont pas dans les instances
décisionnelles.
Il est temps que Servian adopte une politique scolaire ambitieuse, fondée sur :
- La concertation régulière avec les équipes éducatives.
- La transparence budgétaire sur les investissements dans les écoles.
- La priorisation du bien-être des enfants dans toutes les décisions.
A l’approche des élections municipales, il est essentiel que chaque citoyen puisse juger les actes autant que les paroles. Ce dossier de la canicule à l’école Jules Ferry est révélateur : il ne s’agit pas d’un simple épisode estival, mais d’un symptôme d’un mode de gouvernance.
Ce que le mouvement citoyen Nouvelle Ere souhaite et exige :
- Mettre en place un plan de rénovation thermique des écoles dès la première année de mandat.
- Créer un comité de suivi citoyen pour les projets scolaires.
- Garantir une communication honnête et factuelle sur les actions menées.
Conclusion : pour que Servian respire
Les enfants de Servian méritent de respirer, d’apprendre, de s’épanouir.
Les familles méritent d’être entendues.
Les enseignants méritent d’être soutenus.
Et Servian mérite une équipe municipale qui regarde la réalité en face et agit avec courage.
